21 septembre 2020

1761 - Estancarbon (Haute-Garonne) - Un mois d'août marqué par les attaques du loup

Bien que négligeables par rapport au reste de la mortalité sous l'Ancien Régime, les attaques du loup font l'objet d'un éclairage particulier dans les actes de décès.

Elles ont eu une influence sur l'imaginaire collectif, nourrissant la peur du loup, à travers chansons, livres, dessins... 

Les curés en relatent souvent les attaques.

Le Curé Bourdages d'Estancardon, en Haute-Garonne, recense les décès liés au loup, à Pointis-Inard, Villeneuve-de-Rivière, Beauchalot et Aulon, en ce mois d'août 1761 :

AD 31 - Estancarbon 1 E 1 - BMS 1718-1793 - img 130

"Le 2 août un loup dévora une jeune bergère
à Pointis Inard. On ne trouva que le
crane après neuf jours de recherches, une
autre fut égorgée dans la plaine de Ville-
neuve de Rivière. Le 12 un berger
éprouvé le même malheur à Beauchalot.
Le 14 du dit mois ces trois personnes périrent
sur le soir en gardant le bétail. Elles
étaient âgées d'environ 14 ans. une métayerent
âgée de 40 ans périt de même à Aulon. le matin du
16 du dit mois en 1761. Comme ces malheurs
étaient sans exemple les alarmes le furent aussi"

Mon arbre de vie sur 5 générations - Création déposée à l'INPI

Mon arbre généalogique sur 5 générations, 
réalisé sur un fronton "arbre de vie " métallique de 95 cm de diamètre

12 août 2020

GUILLAUME ARBOUCH - Episode 1 - Une enfance à Bagnères-de-Luchon sous le Second Empire

Guillaume ARBOUCH naît à Bagnères-de-Luchon, en Haute-Garonne, en 1852 et décède dans cette même ville en 1932

Un arrière-grand-père paternel dont je ne connaissais que prénom et nom. Je le découvre via mes recherches généalogiques. 

 

Bagnères-de-Luchon, sa ville natale 

Guillaume Arbouch est né et a passé toute son enfance à Bagnères-de-Luchon, dans les Pyrénées, au pied de la montagne et près du confluent de la Pique et de l’One. 

 

Bagnères-de-Luchon - Carte frontière du département de Haute-Garonne – Antoine Bartro (1842) (source : Gallica)

 

Bagnères-de-Luchon est une ville au passé riche historiquement dont la présence de population est attestée depuis le néolithique (Grotte de Saint-Mamet). 

Ses eaux thermales sont déjà exploitées par les Romains et les somptueux thermes sont connus sous le nom de Thermes onésiens. Ils sont fréquentés par une élite de l'antique Rome. Les eaux thermales de Luchon appelées Aquae  Onasioe ou Aquae Convenarum, jouissent d'une grande renommée.

Au fil des siècles, Bagnères-de-Luchon vit bien des tragédies : 

  • invasion des Barbares dans les premières années du V° siècle ; 
  • puis vint la domination des Visigoths, suivie de celle des Francs et les invasions des Sarrazins ;
  • incendiée vers l'année 1480 ;
  • ravagée en 1711 par un corps d’armée de Charles d’Autriche ; 
  • pillée et détruite en 1719 par le passage des miquelets venus du Val d’Aran ; 
  • détruite par un violent incendie qui n'épargna que son église en octobre 1723 ;  (source : Bagnères-de-Luchon et son canton – H. Gadeau de Kerville)

Mais le XVIIIe siècle marque la renaissance des thermes luchonnais. 

En 1759, le baron Antoine Mégret d'Étigny, intendant de Gascogne, est envoyé à Luchon. 

Il commence par créer une route carrossable, à coups de corvées et d'expropriations. Il est obligé de faire appel à la troupe pour tenir la population en respect. 

En 1761, il réorganise les thermes et leur donne les bases de leur futur essor. 

Pour lancer la station, l’intendant d’Étigny, persuade le gouverneur de la province, le Maréchal de RICHELIEU, petit neveu du Cardinal, de faire une cure à Luchon en 1763. Le Duc se montre enchanté, les fouilles romaines le ravissent. Il vante les charmes de Luchon à Versailles et revient pour une seconde cure ; la fortune de Luchon est faite. A la Cour, on ne parle que de cette petite bourgade pyrénéenne dont les sources accomplissent des miracles (Source : Mairie de Luchon)

L'exploitation forestière, capitale pour fournir du bois pour la marine et du charbon de bois pour les forges, est également développée.

Le baron d'Étigny meurt en disgrâce, en 1767, à l'âge de 47 ans, à Auch. 

Son successeur donnera son nom aux allées d'Étigny, principale artère de la ville. 

Au cours de l'année 1768, Luchon souffre encore des ravages du feu.

La reconstruction des thermes est décidée mais la Révolution arrête les travaux. 

Après la Révolution, un nouvel établissement thermal est bâti et les thermes comprennent, en 1830, trois établissements : le grand établissement, dit de la Reine (nom d'une des sources), les bains Richard et les bains Ferras

Mais l'importance croissante de la station nécessite la construction d'un nouvel établissement thermal. 

Dessiné par l’architecte Edmond Chambert, l’édifice est construit sur l’emplacement des thermes romains et voit sa première pierre posée le 22 août 1848.

Lors de la naissance de Guillaume Arbouch, le 22 janvier 1852, il est encore en construction.

L’inauguration officielle a lieu le 20 juillet 1857 mais dès 1853, on peut y prendre des bains (source : Bagnères-de-Luchon et son canton – H. Gadeau de Kerville)

En 1852, Bagnères-de-Luchon compte 2770 habitants

Pendant l’enfance de Guillaume, l’importance (et la population) de Bagnères-de-Luchon s’accroît grâce à la vogue des eaux thermales pyrénéennes lancée par l’Impératrice Eugénie et à la redécouverte de la région célébrée dans le « pyrénéisme » par le comte Henry Russell. 

 

Les célébrités que Guillaume aurait pu croiser dans ses jeunes années : Hippolyte Taine (1857), auteur de "Voyage aux Pyrénées", le Prince Impérial, fils de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie (1867), Gustave Flaubert (1872)… 

 

1896 - Etablissement thermal de Luchon - GALUP Amélie (1856 - 1943) © Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Amélie Galup


Des parents aux conditions de vie modestes 

Au moment de la naissance de Guillaume, ses parents, Pierre Arbouch et Guilhaumete Sanson sont mariés depuis 5 ans et ont déjà un fils, Simon, né en 1848 et une fille, Marie née en 1850

Pierre, comme ses enfants, a vu le jour à Bagnères-de-Luchon tandis que Guilhaumete est née à Saint-Mamet, petit village séparé de Bagnères-de-Luchon par la Pique. 

Deux autres enfants rejoignent la fratrie : Jeanne en 1854 et le petit dernier Pierre-Jean en 1862

Les parents de Guillaume sont certainement de condition assez modeste. 

Son père est mineur, fils d’un tailleur d’habit et d’une ménagère. 

Sa mère, quant à elle, est ménagère, fille d’un brassier et d’une ménagère. (Sources : registres d’état civil de la commune de Bagnères-de-Luchon, AD31) 

 

Une enfance sous le Second Empire 

Guillaume Arbouch est en quelque sorte né avec le Second Empire. 

En effet, il arrive au monde 51 jours après le coup d’état du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République Française depuis 3 ans. 

 

Le 2 décembre 1852, date anniversaire du sacre de Napoléon Ier, de la victoire d’Austerlitz et de son coup d’état, le président Louis-Napoléon Bonaparte proclame le Second Empire. Il devient ainsi Empereur des Français sous le nom de Napoléon III

 

L’Empereur Napoléon III

1852-1870 

Le Second Empire est une période de modernisation économique, sociale, financière et urbanistique de la France :

  • révolution des transports (création de 6 grandes compagnies ferroviaires), 
  • grands travaux (Paris par le Baron Haussmann), 
  • développement du système bancaire (chèques, billets de banque) comptent parmi les plus grandes réalisations de cette époque. 
 
 
 
A Bagnères-de-Luchon, sous l’impulsion du Maire Charles Tron, est entrepris un véritable plan d’urbanisme sur le modèle parisien : ouverture de la « route d’Espagne » par le col du Gières (1858). 
 

Charles, Laurens Tron  © Assemblée nationale

De superbes maisons sont construites : 
 
 
Mais mon arrière-grand-père est certainement plus intéressé par les échos des fêtes brillantes qui se succèdent tout au long des saisons : le soir, la musique des bals et des orchestres résonnent dans la ville. La journée, c’est un défilé de toilettes élégantes. (Sources : Voyage aux Pyrénées (3e édition) / par H. Taine – Gallica)

24 juin 2020

1729 - Un pauvre homme a paru chrétien

Au XVIIIe siècle, la question du salut de l'âme est importante.

Selon l'église chrétienne, une "bonne mort" est accordée à celui qui s'est mis en "règle avec Dieu".
Le prêtre apporte les derniers sacrements : l'extrême onction, la confession et l'eucharistie.
Cela permet au mourant de ne pas partir en état de péché.

L'enterrement au cimetière est réservé aux "bons morts", à savoir ceux qui ont reçu le pardon du confesseur avant de rendre leur âme à Dieu.

Dans l'acte ci-dessous, confession et eucharistie n'ont pu être administrées.
Mais l'homme d'église lui accorde toutefois d'être enterré au cimetière car le défunt portait sur lui une vierge.
Le salut de son âme est ainsi assuré.


Source : AD 57 - Commune d'Hazembourg
"L’an 1729 ce 22 septembre un pauvre homme allant
demander son pain agé d'environs 60 ans est décédé après
avoir esté administré de l'extreme unction seulement ayant
donné des marques de chretien, et nayant pas de chappellet
nayant seulement qu'une vierge sur luy je l'ay enterré ce 23
du mois de septembre car il ma parust chretien, et luy ay
fais un service, il at ester enterré par moy J:Bezu en la
cymitier de Hazembourg"

20 juin 2020

Généalogie et moi

Après avoir participé à plusieurs constellations familiales, j’ai décidé de suivre des ateliers de psychogénéalogie .

A l’époque, je ne connaissais absolument rien de ma famille, hormis mes parents, deux tantes et deux cousins.
Afin de pouvoir travailler sur mon arbre, il m’a fallu entamer des recherches.

Je suis alors littéralement « tombée en généalogie ».
La généalogie est devenue une véritable passion. Et plus j’avance dans mes recherches, plus j’ai la sensation de m’enraciner.

La généalogie, pour moi, n’est pas collectionner des noms et des dates mais l’occasion d’apprendre toujours plus.
Au fil des découvertes, par l’intermédiaire des actes souvent riches en renseignements, je découvre ou redécouvre l’Histoire avec un grand H, les conditions de vie de ces ancêtres…
Ce sont ces petits bouts d’histoire
que je souhaite partager avec vous